[ LA FICHE ] : Anderson .Paak - Oxnard

November 21, 2018

 

Cette fois, ça y est ! D'abord le roulement de batterie, puis le lancement d'un beat appuyé. Et c'est sur les premiers riffs de guitares wah-wah qu'Anderson .Paak entre en scène, sapé comme un pimp old school. Manteau de fourrure, grosses lunettes fumées, canne et médaillon en or. Sur un son digne des meilleures intros de films, il indique la direction d'Oxnard, son bled de jeunesse. La troisième ville côtière californienne qu'il entend nous faire visiter, après Venice en 2015 et Malibu en 2016.  Comme d'hab', on vous débriefe ce qu'on a retenu du séjour.

 

✔  validÉ

 

 

 

 

Concept : L'album est construit comme un soundtrack de Blaxploitation, ce mouvement artistique revendicatif des 70's qui appliqua le black power au cinéma. Au travers de bandes son faite du funk le plus street possible (et dont certaines signées par Isaac Hayes, Curtis Mayfiled et Willie Hutch sont devenues véritablement légendaires), ces films mettaient en scène des (anti-)héros et (anti-)héroïnes ultra swaggé.e.s et exclusivement noir.e.s, défiant le système et l'Amérique blanche.

 

Pourquoi invoquer cette comparaison ? D'abord, l'esthétique développée sur les pochettes de l'album et du single Tints est une référence directe aux affiches de films Blaxploitation. Ensuite, les envolées instrumentales et les changements brusques de tempo au beau milieu de certains titres sont tout à fait typiques de ces B.O. Au final, c'est donc tout le concept d'Oxnard qui renvoie aux codes de cette période iconique de l'art afro-américain. On savait déjà Anderson .Paak profondément influencé par la soul et le funk de ses aînés. Aujourd'hui, il complète ses fantasmes en rejoignant une galerie de personnages comme Shaft, Foxy Brown, Coffy ou Superfly au générique du panthéon ghetto.

 

 

Flow : Autre chose dont on est au courant depuis un moment, c'est qu'avec son timbre enroué typique, .Paak est un chanteur unique, immédiatement identifiable. De ce côté, pas de surprise ni de déception sur Oxnard. Par contre, la plus-value vient plutôt de son flow sur des titres comme The Chase, Who R U ? ou Saviers Road. Rassurez-vous, on ne vient pas non plus de découvrir avec ce disque qu'Anderson est aussi un rappeur... Mais quoi qu'on en dise, jusqu'à cet album, jamais le focus n'avait été autant braqué sur cet aspect-là de son game.

 

 

 

Featurings : En pleine mode du featuring et de l'album collaboratif, au point de souvent en arriver à douter de leur pertinence, on n'était pas surpris de voir qu'Anderson n'évoluait en solo que sur 5 titres. Mais sur Oxnard, la liste des invités est aussi impressionnante à la lecture qu'à l'écoute. Des légendes d'hier (Dr. Dre, Snoop Dogg, Q-Tip) se joignent à celles d'aujourd'hui (Kendrick Lamar, J. Cole, Pusha T.), renforcées par un bon dosage d'underdogs (Khadja Bonnet, BJ The Chicago Kid) et de découvertes (Norelle, Cocoa Sarai). Chacun venant jouer son rôle dans le récit pour apporter un vrai plus qualitatif au morceau sur lequel il évolue. 

 

 

 

✘  signalé

 

                 

                                 

Bangers : On le répète, tout album-concept laisse forcément peu de place à ce qui sort de la narration minutieusement pensée et appliquée. Et, en ce sens, Oxnard n'échappe pas à la règle. Dans le cas présent, elle se traduit par l'absence d'autres titres véritablement phares aux côtés de Tints, et peut-être de Sweet Chick. Il est d'ailleurs incompréhensible que le single Bubblin, clippé en grandes pompes au début de l'été, n'ait pas été retenu dans la tracklist. Pourquoi se passer d'une arme supplémentaire sur un album certes réussi mais qui manque un peu de repères clairs  ? 

 

 

              

              la Note : 8/10

 

       

              ► Écoutez oxnard ♫

 

                     

 

 

 

 

 

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