[ LA FICHE ] : Kaytranada - Bubba

January 24, 2020

 

Discret depuis 3 ans, Kaytranada nous avait tous pris par surprise le mois dernier en donnant une suite tant attendue à sa discographie. Tombé au moment où on s'embarquait dans l'effervescence des fêtes de fin d'année, Bubba, le second album de l'enthousiasmant producteur canadien, méritait un peu plus que quelques lignes dans notre Top 10 R&B de 2019. Alors que s'enfoncer dans la saison hivernale n'est jamais très motivant, rappelons-nous quelques bonnes raisons de prolonger la fête !

 

✔  validÉ

 

 

 

 

Identité : En mai 2016, Kaytranada changeait de statut, passant de la niche des initiés au succès global avec 99.9%, un album haut en couleurs faisant la part belle à ses expérimentations musicales. En dehors de sa façon si reconnaissable de mixer les lignes de basse, l'exploration n'avait pas de direction fixe mais ouvrait un champs de possibilités dont le R&B avait terriblement besoin. Trois ans et demi plus tard, l'artiste a logiquement choisi de gagner en cohérence en décidant de ne retenir sur Bubba que la quintessence de sa signature sonore. Sur ce second album, il excelle dans la mission de sa carrière : la fusion toujours plus sensible des genres R&B et House. La séquence qui s'étend de 10% à What You Need, en passant par Need It, le savoureux Taste (avec le duo VanJess) et Oh No, en est l'exemple le plus criant. D'autres highlights comme The Worst In Me, Go DJ et Vex Oh, ou encore l'instrumental rétro Scared To Death sont autant d'autres occasions de se régaler de cette identité typique du producteur montréalais.

 

 

Collabs :  À la première lecture de la tracklist de Bubba, la hype autour du casting d'invités ne semblait pas forcément un cran au dessus de celle de 99.9%. Et pourtant ! Si le québécois nous avait déjà démontré son talent pour sublimer les voix conviées sur ses instru, l'exercice vient encore de monter d'un cran sur l'échelle de la perfection. Sur ce nouvel opus, chaque piste non-instrumentale semble proposer un "match made in heaven" tellement les combinaisons coulent de source dans l'oreille de l'auditeur. Là où Kaytranada l'a jouée "safe" tout en capitalisant sur une formule terriblement efficace (Goldlink sur Vex Oh, Masego sur Need It, Pharrell sur Midsection), le chef d'orchestre a réussi de manière convaincante à faire sortir d'autres artistes de leur zone de confort (Kali Uchis sur 10%, Tinashe sur The Worst In Me, Mick Jenkis sur Gray Area) en plus de nous faire découvrir des quasi inconnus dans les meilleures conditions (Iman Omari, Ari PenSmith, Teedra Moses, Charlotte Day Wilson).

 

 

 

✘  signalé

               

                                 

Uniformité :  Paradoxalement, la formidable cohérence qui se dégage de Bubba débouche sur son défaut le plus manifeste. Les morceaux s'enchaînent avec tellement de facilité les uns après les autres qu'il devient parfois difficle de les distinguer les uns des autres. Et au final, cet album prendrait presque des allures de mix s'il était diffusé en soirée auprès d'un public pas forcément familier de l'oeuvre de Kaytranada. Même si le job que l'on attend de ce type de format serait largement rempli, une écoute distraite serait synonyme de mauvaise utilisation du produit tant on passerait à côté de cette substance typique, cette couleur musicale, qui rend le génie du canadien tellement unique. On ne peut réellement comprendre pourquoi on danse sur des pistes de Bubba qu'après les avoir écoutées, attentif, dans un cadre intimiste.

 

              

                la Note : 8.5/10

 

       

                   ► Écoute bubba 

 

 

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Please reload

© 2017 by La Fièvre. Created with Wix.com

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now