[ LA FICHE ] : Little Simz - Grey Area

March 7, 2019

 

Les artistes britanniques ont sans doute comploté pour truster l'actu hip-hop et R&B de ce début d'année. Après Jay Prince, IAMDDB et Octavian, c'est désormais à Little Simz que revient la mission de faire de l'ombre à des américains pas encore très bien réveillés. Et il est peut-être là, le joyau de la couronne. Parce qu'après l'excellent Stillness In Wonderland, sorti il y a deux ans, il était légitime de placer des attentes dans ce troisième album, sobrement baptisé Grey Area. Un titre qui résume, selon l'artiste, les incertitudes de la vingtaine. Une période de vie marquée par la sensation de transition, d'instabilité, et faite de montagnes russes émotionnelles.

 

✔  validÉ

 

 


Influences : Et de fait, la première chose qui marque les esprits à l'écoute de Grey Area est la manière dont Little Simz s'approprie des influences très diverses et les réassemble ensuite à sa guise. Capable d'inviter le chanteur reggae Chronixx à poser sur des violoncelles grandiloquents (Wounds), la rappeuse londonienne n'hésite pas non plus à faire se rencontrer des instrus rock/funk psyché agressives (Offence, Boss) et des ambiances soul et jazzy beaucoup plus feutrées (Selfish, Sherbet Sunset, Flowers). Pour ceux qui connaissent leurs classiques, ce patchwork étonnant peut rappeler Blue Lines, tout premier album du groupe Massive Attack, qui brillait lui aussi par l'éclectisme inédit qu'il proposait en 1991.

 

Identité : Avec ce Grey Area, Little Simz semble donc revendiquer une certaine filiation en s'inscrivant dans cette histoire de la musique populaire britannique. Et c'est peut-être ce label "made in UK", palpable bien au-delà de l'accent de la rappeuse, qui constitue le principal liant au milieu de ce puzzle d'influences. Mais pas seulement. Avec Stillness In Wonderland, son album précédant, l'artiste avait déjà compris que, désormais, le succès se conquiert presque autant sur le terrain de l'image que sur celui du son. Cette fois encore, l'empreinte visuelle de clips léchés (Offence, BossSelfish) participe à façonner cette forte identité d'ensemble.

 

 Skills : Le mélange des genres, c'est bien beau. Mais Grey Area reste avant tout un album de rap. Et comme d'habitude, Little Simz s'assure de nous déployer toute sa panoplie de skills, depuis l'écriture jusqu'au flow. Là où le volet instrumental prend beaucoup place sur les singles dévoilés depuis plusieurs mois (Offence, 101 FM, Boss, Selfish), la face cachée de l'album recèle quelques titres qui lui accordent suffisamment d'espace pour dérouler sa technique sur le plan purement rap (Venom, Pressure, Wounds, Flowers).  

 

 

 

✘  signalé

 

                 

                                

Featurings : Qu'on ne s'y trompe pas, il n'est nullement question ici de remettre en cause l'apport des artistes invités sur Grey Area. Les contributions de Cleo Sol (Selfish), Chronixx (Wounds), Little Dragon (Pressure) et Michael Kiwanuka (Flowers) sont justement très bien dosées et se fondent avec beaucoup de classe et de naturel dans le récit de leurs titres respectifs. Mais on ne peut s'empêcher de penser qu'au vu des noms prestigieux qui ont adoubé Little Simz par le passé (Kendrick et Jay-Z notamment), elle aurait pu tenter quelque chose de vraiment ambitieux. Ramener un gros featuring sur un aussi bon album aurait pratiquement garanti l'explosion définitive de sa notoriété à l'international.

              

              la Note : 8.5/10

 

       

              ► Écoute grey area ♫

                    

 

 

 

 

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