[ LA FICHE ] : Solange - When I Get Home

April 5, 2019

 

 

Celui-là, il aura fallu le temps de le digérer ! Deux ans et demi après l’excellent A Seat The Table qui lui avait définitivement fait un prénom, Solange Knowles est sortie de son mutisme le mois dernier avec When I Get Home, un nouvel album très attendu qui a finalement laissé pas mal de monde perplexe. Analyse d’une sortie qui aura suscité beaucoup plus d’interrogations que de certitudes.

 

✘  signalé

 

 

 

Attentes : Soyons honnêtes. La sensation qui prédomine après les premières écoutes de When I Get Home est un vilain goût de trop peu dans la bouche. Et surtout le sentiment que cet album n’est pas à la hauteur du précédent, A Seat At The Table. Un bijou dont le titre n’aurait pu être mieux choisi puisque, après des années d’un succès confidentiel bien loin du culte voué à sa soeur aînée, il avait immédiatement valu à Solange et son univers esthétique un strapontin éternel pour la hype. Le nouvel opus de celle qui a entre temps été élevée au rang d’icône artistique, politique, intellectuelle et de mode (oui, tout ça à la fois) a donc, logiquement mais malheureusement, suscité des attentes démesurées.

 

 

Forme : Sur la forme, When I Get Home est effectivement moins accessible que son prédécesseur qui, lui-même, était déjà considéré comme un album de R&B très intellectuel. Ce dernier opus de Solange sonne comme une interminable jam session sans titres ultra marquants mais qui met formidablement bien en valeur l’instrumentalisation. Quitte à noyer une chanteuse qui se contente trop souvent de répéter en boucle quelques phrases clés, telles des incantations. On ne peut certainement pas reprocher à cet album de proposer un concept. Le soucis est qu’il est à la fois moins lisible et moins réussi que sur A Seat At The Table.

 

 

✔  validÉ

                 

 

                                 

Message : Pour ceux qui nous trouvent un peu sévère, ne fermez pas encore l'onglet ! Certes, When I Get Home est difficile à apprivoiser, mais il est loin d’être un mauvais album. Fidèle à elle-même, Solange porte à nouveau des thèmes autour de la self-estime et de l'empowermment qui résonnent que jamais écho au sein d'une communauté afro-américaine paniquée par la décomplexion de la suprématie blanche. Des titres revendicatifs comme Almeda et My Skin My Logo s’inscrivent ainsi dans la continuité des Don’t Touch My Hair et FUBU d’il y a deux ans. Même si on aurait aimé ressentir davantage la présence de la chanteuse, les morceaux Down With The Clique, Stay Flo et Sound of Rain sont, dans des registres tout à fait différents les uns des autres, à compter parmi les productions les plus réussies de cet album.

 

 

Collabs : Ces contributions ne sautent pas immédiatement aux yeux dès la première écoute de When I Get Home, mais les présences de Metro Boomin (prod' de Stay Flo), Playboi Carti (Almeda), Tyler the Creator et Gucci Mane (My Skin My Logo) étaient quand même loin d’être les plus faciles à pronostiquer parmi les invités déjà plus évidents que sont The Dream (Binz, Almeda), Sampha (Time Is) ou Steve Lacy (Exit Scott). Tous ces apports sont peut-être discrets mais fonctionnent très bien dans les rôles volontairement dosés que Solange leur attribue aux quatre coins de sa fresque.

              

              la Note : 6/10

 

       

        ► Écoute when i get home ♫

                    

 

 

 

 

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