Princess Nokia, les seules tripes pour diadème

July 5, 2017

 

Le coup d’envoi de la saison des festivals belges a retenti il y a déjà une semaine. Entre les nombreux “gros noms” qui se produisent sur nos terres cet été, les pointures de demain viennent déjà jouer des coudes. C’est le cas d’une certaine Princess Nokia qui figurait à l'affiche de Couleur Café le weekend dernier et qui remontera sur scène ce 9 juillet aux Ardentes. Portrait.

 

Un nouveau titre - G.O.A.T. - déjà clippé, une réédition imminente de son album 1992 et deux étapes belges prévues au calendrier de sa tournée européenne, Princess Nokia est au coeur de l’actualité musicale de cette fin de semaine. Rien de surprenant si ce nom au parfum de téléphonie mobile ne vous est pas étranger, tant il est désormais acquis que cette rappeuse new-yorkaise d’origine porto-ricaine est loin d’être un personnage consensuel. Benjamine d’une scène d’Harlem qui a déjà vu éclore bien d’autres talents depuis le début de la décennie 2010 (A$AP Rocky, Azealia Banks et Dave East, notamment), la nouvelle héroïne de Gotham City est en train de crever l’écran. Un simple détour par Youtube suffit pour constater la fascination que l’interprète de Tomboy et Brujas exerce sur les médias qui couvrent la culture dite “urbaine”. D’interview en interview, entre ses clips atypiques et les mini-documentaires qui lui sont consacrés, elle a conquis les internets. Et pour cause, la princesse est une bonne cliente de l’exercice et une excellente communicante. Avec son assurance à toute épreuve pour délivrer un discours bien construit, son style vestimentaire reconnaissable parmi mille et sa beauté hypnotisante, Destiny Frasqueri, de son vrai nom, réunit absolument tous les ingrédients pour être érigée au rang d’icône des quartiers populaires cosmopolites.

 

 

Ce rôle, Princess Nokia n’a pas attendu que la hype des médias lui attribue. Après avoir fuit le domicile familial à l’âge de seize ans, son parcours personnel construit sur la débrouille et les galères lui permet de jouir d’une crédibilité certaine aux yeux de son public cible. Dans ses textes, celle qui se décrit comme une amoureuse de New York aborde la lutte des minorités pour leur dignité au travers d’un combat féministe empreint d’une identité “ghetto” fièrement revendiquée, entre influences et références culturelles hispaniques et afro-américaines. Un étendard qu’elle porte d’ailleurs au quotidien, n’hésitant pas à se la jouer modèle Instagram avec des tenues et maquillages qui laissent perplexes nombre d’observateurs extérieurs à son univers.

 

En tournée, on peut entendre Princess Nokia énoncer ses propres règles, parmi lesquelles figurent “les filles aux premiers rangs” ou encore “la place des gens de couleur n’est pas dans le fond”. Et gare aux audacieux qui décident de les enfreindre. En février dernier, lors d’un concert à l’Université de Cambridge, un jeune spectateur un poil trop confiant servit d’exemple. Vociférant ses requêtes lubriques à l’avant du public estudiantin, il vit l’artiste descendre de scène pour lui coller son poing en plein visage. Revenant peu de temps après sur l’incident, celle qui, selon les Inrocks, déclare n’avoir aucune tolérance envers le sexisme expliqua son geste sans prendre de gants : “quand un mec blanc ne respecte pas une femme de couleur, il faut lui mettre un poing dans la gueule”. En interview pour Le Drone, commentant son caractère résolument insoumi, elle compléta son propos : “Oui je suis agressive, je suis très agressive. Mais beaucoup d’artistes le sont. Il sont passionnés et ne laissent personne les faire chier !”.

 

Vous voilà prévenus !

 

 

 

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