[ SÉLECTION ] : Les 10 albums de rap US/UK les plus importants de 2019

December 27, 2019

 

C'est l'heure de l'addition ! Après notre top 10 des albums R&B, on passe sur le terrain du rap anglophone pour lequel 2019 avait plutôt l'allure d'un exercice de transition. Mais comme une année rap ne reste jamais sans enseignements, on a décidé de vous concocter une sélection que l'on estime fidèle aux quelques tendances intéressantes qui sont en train de se dessiner sous nos yeux et nos oreilles. 

 

 LES promesses 

 

 

(10) city morgue - as good as dead

 

 

Capable à terme de faire évoluer les codes du rap game, le courant "trap metal" sort petit à petit de l'underground. Parmi les ambassadeurs de cette combinaison hardcore perturbante, le groupe City Morgue est celui qui propose actuellement le son le plus abouti. D'autant plus qu'après le tonitruant Hell High Water sorti l'an passé, leur univers déjà bien malsain s'enrichit et s'affine. Si leur désir irrépressible de hurler plusieurs manières d'enfreindre la loi se voit naturellement prolongé, As Good As Dead instaure une balance bienvenue avec une autre entrée vers leurs esprits malades : des titres plus introspectifs au ton "simplement" dépressif.

 

écoute as good as dead 🕪

 

(9) Slowthai - nothing great about britain

 

 

L'année 2019 est venue confirmer la montée en puissance des artistes anglais sur le marché US. Au rayon exportation, Slowthai a clairement été un des artistes les plus prisés parmi ces produits labellisés UK. Peut-être parce que ce premier album repose sur un cocktail d'influences variées, de la grime au punk et jusqu'à l'héritage du groupe The Streets, synthétisant un certain esprit propre à la l'histoire de la musique britannique. D'autant plus que le portrait sociétal brossé sur Nothing Great About Britain, un intitulé suffisamment explicite, est chargé de la colère du bonhomme et de ses dénonciations politiques.

 

écoute nothing great about britain 🕪

 

(8) jpegmafia - all my heroes are cornballs

 

 

Vous proposer une sélection suffisamment représentative du game actuel passe aussi par les sorties les plus WTF-esques. Il nous paraissait donc impératif d'aborder le cas de l'excentrique JPEGMAFIA, client tout désigné dans cette catégorie. Si l'on connaissait déjà la nature audacieuse de l'artiste, il faut bien admettre que l'effort complètement déstructuré qu'il a fourni à la fin de l'été a suscité pas mal de questions et d'analyses. Surtout quand on sait que l'artiste lui-même dirigeait une promotion volontairement négative de son projet. Délire arty inécoutable ou production avant-gardiste ? On a tranché en le sélectionnant ici.

 

écoute all my heroes are cornballs 🕪

 

(7) megan thee stallion - fever

 

 

Passée du statut d'espoir à celui de superstar en quelques mois à peine, Megan Thee Stallion est la véritable révélation de cette année hip-hop ! Avec Fever, la native de Houston réimpose le son et l'héritage historique de sa ville sur la carte d'un rap sudiste jusqu'ici ultra-dominé par Atlanta. Quitte à ce que ce schéma devienne répétitif, les instrus ont pour seul but d'attiser le flow enflammé et intimidant qui constitue la pièce centrale de son univers artistique. Et le vecteur de textes traduisant une sexualité dominante assumée et une personnalité d'une arrogance presque jouissive ne laissant place à aucune concession.

 

écoute fever 🕪

 

 LES CONFiRMATIONs 

 

 

(6) schoolboy q - crash talk

 

Malgré une sortie passée un peu inaperçue, on aimerait quand même rendre à tonton Q ce qui lui appartient avant de probablement devoir le laisser à son époque. Reconnaissons que les prod' de CrasH Talk, aussi froides et sombres que pointues, supportent à merveille son flow nasillard, parfois maléfique. L'univers hostile qui se dégage de la majorité des titres (Gang Gang, Numb Numb Juice, 5200, Die Wit Em) en fait l'album à ne surtout pas passer en nocturne dans sa bagnole quand on nourrit des envies de vendetta alcoolisées. Même si le format "banger" de Chopstix et Lies peut un tant soit peu calmer les esprits.

 

écoute crash talk 🕪

 

(5) Rapsody - eve

 

 

Sans faire trop de bruit, Rapsody a enfanté un des meilleurs albums rap de l'année. Le concept ? Un hommage appuyé à la femme noire au travers de morceaux titrés selon diverses figures politiques, culturelles et sportives (Michelle, Serena, Oprah, Aaliyah). Encensée depuis plusieurs années, elle renforce encore un peu plus un statut de lyriciste qui n'a rien à envier à ceux qui s'assoient au sommet de cet art. Au vu des textes aiguisés, des prod' aussi efficaces que variées et des renforts intelligents (J.Cole, JID, Leikeli47, D'Angelo,...), que reste-t-il à souhaiter à Rapsody à part le succès qu'elle mérite ?

 

écoute eve 🕪

 

(4) denzel curry - zuu

 

 

Malgré un flow reconnu depuis longtemps, Denzel Curry n'a cessé de se maintenir entre la couche la plus apparente de l'underground et le dernier wagon du mainstream. Une position assumée qui, sur Zuu comme sur ses précédents projets, le laisse libre de créer comme bon lui semble, autant au travers de bangers efficaces (Zuu, Ricky, Speedboat) que de morceaux plus abrasifs explorant des pistes horrorcore (P.A.T., Carolmart, Birdz). Le dénominateur commun de l'album étant cette énergie débordante (qui se traduit d'ailleurs à merveille lorsqu'il est défendu sur scène) qui a globalement fait défaut au rap US de 2019. 

 

écoute zuu 🕪

(3) little simz - grey area

 

 

Sur un 3ème opus qui lui accorde suffisamment d'espace pour dérouler sa technique de flow, Little Simz déconstruit ses influences pour mieux  les ré-assembler à sa guise en n'hésitant pas à faire se rencontrer des instrus rock/funk psyché agressives (Offence, Boss) et des ambiances soul et jazzy beaucoup plus feutrées (Selfish, Sherbet Sunset, Flowers). Depuis Stillness In Wonderland, son précédent album, la rappeuse londonienne a compris que l'empreinte visuelle, au travers de clips léchés (Offence, Boss, Selfish), participe largement à façonner une forte identité d'ensemble.

 

écoute grey area 🕪

 

(2) dreamville - revenge of the dreamers III

 

 

Si le but premier de cette compilation orchestrée par J.Cole est de démontrer la force de frappe de son label Dreamville, elle contient quelques très bonnes performances individuelles. Ce n'est pas un scoop, sa ligne directrice a toujours préféré les textes profonds et les intrus feutrées et introspectives (PTSD, Sleep Deprived) aux ambiances traps et émo-rap. Cette formule "à l'ancienne", attisant quelque peu la flamme d'un revival 90's qui commençait clairement à passer de mode, permet à la troupe de remporter son pari : ramener le lyricisme au sommet des charts US.

 

écoute revenge of the dreamers III 🕪

 

 L'album de l'année 

 

 

(1) goldlink - diaspora

 

 

Déjà mis en valeur dans notre top 2017, Goldlink a su prendre le risque de bousculer ses repères habituels tout en parvenant à se réinventer efficacement. Moins d'accent R&B gentillets et plus de place pour un flow qui trouve difficilement du répondant dans le rap game actuel (Maniac, No Lie, Moscow), tout en multipliant les collab' éclectiques pour justifier l'approche internationaliste annoncée dans le titre de l'album. Pourtant solidement ancré dans son socle rap, Diaspora est main tendue vers le brassage des genres, vers la construction d'une conscience culturelle commune pour les artistes afrodescendants du monde entier.

 

écoute diaspora 🕪

 

mentions honorables  : 

 

Skepta - Ignorance Is Bliss 🕪 / YBN Cordae - The Lost Boy  🕪 / Guapdad 4000 - Dior Deposits 🕪 

Maxo Kream - Brandon Banks 🕪 / Danny Brown - Uknowhatimsayin 🕪

 

 

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